Diminutions et augmentations au tricot : SSK, K2tog, M1

Diminutions et augmentations au tricot : SSK, K2tog, M1

Diminutions et augmentations au tricot : toutes les techniques (SSK, K2tog, M1)

  • K2tog (2 mailles ensemble à l’endroit) est une diminution penchée à droite, la plus rapide à exécuter.
  • SSK, l’équivalent du surjet simple français, est une diminution penchée à gauche : elle sert à faire symétrie avec le K2tog.
  • M1 (augmentation intercalaire) ajoute une maille en relevant le brin entre deux mailles, sans trou visible — se décline en M1L et M1R selon le sens d’inclinaison voulu.
  • Le choix entre ces techniques ne dépend pas du goût mais du rendu final recherché : symétrie d’un raglan, discrétion d’une emmanchure, ou effet ajouré d’une dentelle.
  • Confondre un M1 avec un jeté, ou un SSK avec un K2tog, ne change rien au nombre de mailles mais change complètement l’allure du tricot fini.

Vous êtes en train de suivre un patron et vous tombez sur « SSK », « K2tog » ou « M1 » sans savoir exactement quel geste ces abréviations recouvrent ? Ce sont les trois techniques les plus courantes pour façonner un tricot : deux diminutions qui retirent une maille du rang, et une augmentation qui en ajoute une. Elles se ressemblent sur le papier — une maille en moins ou en plus — mais elles produisent des inclinaisons et des rendus très différents une fois posées sur l’ouvrage. Ce guide détaille le geste exact de chacune, la différence visuelle qu’elles créent, et surtout dans quelle situation utiliser laquelle : raglan, col en V, emmanchure, calotte de bonnet ou point de dentelle.

Pourquoi les diminutions et augmentations ne sont pas interchangeables

Un tricot plat — une écharpe, un rectangle — n’a besoin d’aucun façonnage : le nombre de mailles reste identique du premier au dernier rang. Dès qu’une forme apparaît — une emmanchure qui se creuse, un col qui pointe en V, une calotte qui se referme sur elle-même, une manche qui s’évase — il faut retirer ou ajouter des mailles à un endroit précis du rang, sans casser la continuité du point.

C’est là que le choix de la technique devient important. Une diminution retire toujours une maille, mais elle peut le faire en penchant le résultat vers la droite ou vers la gauche. Une augmentation ajoute toujours une maille, mais elle peut le faire en laissant un trou visible (utile en dentelle) ou en restant totalement invisible (utile sur un vêtement uni). Suivre un patron sans comprendre cette logique aboutit souvent à un vêtement qui compte le bon nombre de mailles mais dont les diminutions ne sont pas symétriques, ou dont une augmentation ajourée apparaît là où elle n’était pas voulue.

Les diminutions : retirer une maille en contrôlant le sens

K2tog : la diminution penchée à droite

K2tog signifie « knit 2 together », soit 2 mailles ensemble à l’endroit. C’est la diminution la plus simple à exécuter : on pique l’aiguille droite dans les deux mailles suivantes en même temps, comme pour une maille endroit classique, et on les tricote ensemble. Le résultat est une maille unique dont le point penche visiblement vers la droite sur l’endroit du tricot.

Cette diminution ne demande aucune manipulation préalable des mailles : c’est un geste direct, rapide, qui ne ralentit pas le rythme de tricotage. C’est pour cette raison qu’elle est souvent la première diminution apprise par les débutantes, et qu’on la retrouve dans la quasi-totalité des patrons pour façonner un côté d’emmanchure ou d’encolure.

Le surjet simple (SSK) : la diminution penchée à gauche

SSK signifie « slip, slip, knit » : on glisse une maille sur l’aiguille droite sans la tricoter, on glisse la maille suivante de la même façon, puis on repique l’aiguille gauche dans ces deux mailles glissées pour les tricoter ensemble à l’endroit. En français, cette manipulation correspond au surjet simple, généralement décrit comme « glisser une maille, tricoter la suivante à l’endroit, puis faire passer la maille glissée par-dessus » — deux méthodes légèrement différentes dans l’ordre des gestes, mais qui produisent le même résultat visuel : une maille qui penche vers la gauche.

Le surjet simple demande un geste de plus que le K2tog, ce qui explique pourquoi certaines tricoteuses le sous-utilisent ou le remplacent par erreur par un second K2tog. Le problème : sur un vêtement symétrique — les deux côtés d’un raglan, les deux pans d’un col en V, les deux emmanchures d’un gilet — remplacer un surjet simple par un K2tog casse la symétrie. Les deux diminutions penchent alors dans le même sens au lieu de se refléter l’une l’autre, et l’œil perçoit immédiatement le déséquilibre même sans savoir l’expliquer.

Le surjet double : diminuer de deux mailles d’un coup

Quand un patron demande de retirer deux mailles en une seule diminution — typique des diminutions centrées de bonnet ou de certains motifs de dentelle — on utilise le surjet double. Le geste : glisser une maille sans la tricoter, tricoter ensemble les deux mailles suivantes, puis faire passer la maille glissée par-dessus la maille obtenue. Le résultat est une diminution centrée, où la maille glissée reste bien visible au-dessus des deux mailles tricotées ensemble, ce qui donne un rendu plus net qu’une simple répétition de K2tog sur le même rang.

Pourquoi l’inclinaison compte autant que le nombre de mailles

Un vêtement se façonne rarement d’un seul côté. Sur un pull tricoté à plat, chaque emmanchure a un côté gauche et un côté droit ; sur un raglan, quatre lignes de diminutions montent en parallèle depuis les aisselles jusqu’à l’encolure. Dans ces cas, le patron alterne volontairement K2tog et surjet simple pour que les diminutions se répondent visuellement : celles de gauche penchent vers le centre, celles de droite aussi, créant un effet de chevron symétrique plutôt qu’une série de mailles toutes inclinées dans la même direction. Vérifier systématiquement, avant de diminuer, si le patron précise « K2tog » ou « SSK » à cet endroit précis évite d’avoir à défaire plusieurs rangs une fois l’asymétrie repérée.

Les augmentations : ajouter une maille avec ou sans trou

L’augmentation intercalaire (M1) : la discrète

M1 signifie « make one », en français augmentation intercalaire. Le principe : entre deux mailles existantes se trouve un brin de fil horizontal, invisible à l’œil non averti. On glisse la pointe de l’aiguille gauche sous ce brin pour le remonter sur l’aiguille, puis on le tricote comme une maille classique. Parce que la nouvelle maille est fabriquée à partir d’un fil déjà tendu entre deux mailles — et non ajoutée à côté d’une maille existante — elle ne laisse aucun trou une fois le rang terminé.

Cette technique se décline en deux versions selon le sens d’insertion de l’aiguille :

  • M1L (make one left) : on relève le brin de l’avant vers l’arrière, puis on tricote le brin arrière à l’endroit. Le résultat penche vers la gauche.
  • M1R (make one right) : on relève le brin de l’arrière vers l’avant, puis on tricote le brin avant à l’endroit. Le résultat penche vers la droite.

La différence entre les deux ne saute pas aux yeux sur une seule maille isolée, mais devient nette dès qu’on les place en miroir — typiquement de chaque côté d’une ligne de raglan qui s’élargit, ou de chaque côté d’une manche tricotée du bas vers le haut. Utiliser un M1L à droite de l’augmentation prévue au lieu d’un M1R, ou l’inverse, inverse simplement la direction de la torsion : le vêtement garde le bon nombre de mailles, mais perd la symétrie que le patron cherchait à créer.

Le jeté : l’augmentation décorative

Le jeté (yarn over) consiste à passer le fil par-dessus l’aiguille droite avant de tricoter la maille suivante, sans piquer dans aucune maille existante. Contrairement à l’augmentation intercalaire, le jeté crée volontairement un trou : c’est la base de tous les points ajourés et dentelle. Un jeté isolé, sans diminution associée pour compenser, augmente le nombre total de mailles du rang ; dans un motif de dentelle, il est presque toujours couplé à une diminution (souvent un K2tog ou un surjet simple) placée ailleurs dans le même rang, de sorte que le nombre de mailles reste stable tout en créant le motif ajouré.

Confondre un jeté avec une augmentation intercalaire sur un rang qui ne devrait pas être ajouré est une des erreurs les plus visibles au tricot : un petit trou apparaît là où le vêtement devrait rester uni, en plein milieu d’une emmanchure ou d’une manche.

La maille tricotée deux fois : l’augmentation la plus simple à mémoriser

Une troisième méthode, souvent notée « 1 maille en 2 » ou « augmentation simple », consiste à tricoter une même maille deux fois sans la faire glisser de l’aiguille gauche entre les deux : une fois normalement à l’endroit, puis une seconde fois dans le brin arrière de la même maille, avant de la laisser tomber de l’aiguille gauche. Cette technique laisse une petite barre horizontale visible juste en dessous de la nouvelle maille — un repère utile pour compter ses augmentations sur un rang, mais un détail à connaître si le patron demande explicitement une augmentation invisible : dans ce cas, l’augmentation intercalaire reste préférable.

SSK et K2tog : la confusion la plus fréquente, résolue

La question revient dans presque toutes les recherches sur le sujet : à quoi bon deux diminutions différentes si toutes les deux retirent une seule maille ? La réponse tient entièrement à l’inclinaison. Le K2tog penche vers la droite parce que les deux mailles sont tricotées ensemble dans leur position d’origine sur l’aiguille. Le SSK penche vers la gauche parce que les deux mailles sont d’abord glissées — ce qui change leur orientation sur l’aiguille — avant d’être tricotées ensemble.

Sur un tricot uni sans façonnage symétrique, la différence reste anecdotique : les deux techniques retirent une maille et le résultat visuel passe presque inaperçu isolément. Elle devient déterminante dès qu’un patron façonne un vêtement de manière symétrique, ce qui couvre la majorité des projets portés : pulls, gilets, bonnets à calotte, châles triangulaires. Dans ces cas, remplacer systématiquement le surjet simple par un second K2tog par facilité donne un rendu final correct en apparence — le bon nombre de mailles au bon endroit — mais visuellement déséquilibré, avec toutes les diminutions penchant du même côté au lieu de se répondre en miroir.

Lire les abréviations d’un patron : lexique rapide

Les patrons circulant en français mêlent souvent des abréviations françaises et anglaises, en particulier quand ils sont traduits ou adaptés de créatrices anglophones. Voici les équivalences les plus utiles pour ne pas se tromper de geste en cours de rang :

  • K2tog = 2 mailles ensemble à l’endroit (diminution, penche à droite).
  • SSK = surjet simple (diminution, penche à gauche).
  • M1, M1L, M1R = augmentation intercalaire (invisible, sans trou).
  • YO (yarn over) = jeté (augmentation ajourée, avec trou).
  • Sl2-K1-P2sso = surjet double (retire deux mailles, centré).

Repérer ces abréviations avant de commencer un rang de façonnage — plutôt qu’en cours de rang, une fois l’aiguille déjà engagée dans la maille — évite l’erreur la plus fréquente : entamer le geste d’une technique en ayant lu l’abréviation d’une autre.

Quand utiliser quelle technique : les cas concrets

Le choix entre ces techniques suit rarement une règle unique ; il dépend de l’endroit du vêtement et du rendu recherché.

Sur un raglan, les quatre lignes de façonnage montent en diagonale depuis les aisselles jusqu’à l’encolure : les patrons alternent presque toujours SSK et K2tog pour que les diminutions convergent visuellement vers chaque ligne de raglan plutôt que de partir dans des directions incohérentes.

Sur une emmanchure classique tricotée à plat, les diminutions se font généralement à quelques mailles du bord plutôt qu’au ras du bord, pour laisser une petite marge qui facilite l’assemblage ; le sens de l’inclinaison suit la même logique de symétrie que le raglan, chaque côté de l’emmanchure penchant vers son propre centre.

Sur un col en V, une diminution centrale progressive de chaque côté de la maille du milieu façonne la pointe : ici encore, alterner SSK d’un côté et K2tog de l’autre garde le V symétrique, alors qu’utiliser la même diminution des deux côtés donnerait un col visiblement décentré.

Sur une calotte de bonnet, les diminutions sont réparties tout autour du tour plutôt que concentrées sur deux lignes ; le K2tog seul suffit généralement, car la répartition régulière autour du cercle dilue l’effet d’inclinaison qui serait gênant sur une ligne droite.

Sur une manche façonnée du poignet vers l’épaule, les augmentations intercalaires (M1L et M1R) sont préférées au jeté, car le résultat doit rester uni et discret ; le jeté n’intervient que si le patron prévoit volontairement un détail ajouré sur la manche.

Sur un point de dentelle, le jeté est la norme : il crée le motif ajouré recherché, presque toujours associé à une diminution dans le même rang pour compenser le nombre de mailles.

Erreurs fréquentes et comment les repérer tôt

La première erreur consiste à confondre le nombre de mailles avec le rendu final : compter juste ne garantit pas une forme symétrique si les diminutions ou augmentations utilisées ne sont pas les bonnes. Recompter le nombre total de mailles après chaque section de façonnage reste utile, mais ne remplace pas une vérification visuelle du sens d’inclinaison sur les zones censées être symétriques.

La deuxième erreur touche le jeté confondu avec l’augmentation intercalaire : un petit trou apparaissant en dehors d’une zone de dentelle signale presque toujours cette confusion, et se corrige uniquement en défaisant jusqu’au rang concerné.

La troisième erreur est de sauter l’étape de glissement dans le surjet simple par habitude du geste plus rapide du K2tog : le résultat compte le bon nombre de mailles mais penche du mauvais côté, un défaut qui ne se voit souvent qu’une fois la pièce terminée et posée à plat, quand il est trop tard pour corriger sans défaire plusieurs rangs.

Placer un marqueur amovible à chaque endroit où une diminution ou une augmentation doit intervenir, avant de commencer le rang, permet de vérifier le geste au bon endroit plutôt que de le découvrir après coup en recomptant les mailles.

Quelle est la différence entre SSK et K2tog ?

Les deux retirent une maille, mais K2tog penche vers la droite tandis que SSK (surjet simple) penche vers la gauche. Les patrons les alternent pour créer des diminutions symétriques, par exemple de chaque côté d’un raglan ou d’un col en V.

Que signifie M1 dans un patron de tricot ?

M1 signifie « make one », soit une augmentation intercalaire en français : on relève le brin de fil situé entre deux mailles et on le tricote, ce qui ajoute une maille sans laisser de trou visible.

Quelle est la différence entre M1L et M1R ?

M1L penche vers la gauche parce que le brin est relevé de l’avant vers l’arrière avant d’être tricoté ; M1R penche vers la droite parce que le brin est relevé de l’arrière vers l’avant. Le choix entre les deux dépend du côté du vêtement où l’augmentation doit se refléter en miroir.

Peut-on remplacer un surjet simple par un K2tog ?

Sur un tricot uni sans exigence de symétrie, la différence reste discrète. Sur un vêtement façonné symétriquement (raglan, col en V, emmanchures), remplacer systématiquement le surjet simple par un K2tog fait pencher toutes les diminutions du même côté, ce qui casse l’effet miroir recherché par le patron.

Le jeté est-il la même chose qu’une augmentation intercalaire ?

Non : le jeté laisse volontairement un trou et sert de base aux points de dentelle, tandis que l’augmentation intercalaire (M1) ajoute une maille de façon invisible. Utiliser un jeté à la place d’un M1 crée un petit trou là où le vêtement devrait rester uni.

Comment reconnaître le sens d’une diminution une fois tricotée ?

Une diminution penchée à droite (K2tog) montre la maille du dessus légèrement décalée vers la droite ; une diminution penchée à gauche (surjet simple) la montre décalée vers la gauche. Comparer les deux côtés d’une même pièce symétrique aide à repérer rapidement une inversion.

Qu’est-ce que le surjet double et quand l’utiliser ?

Le surjet double retire deux mailles en une seule opération en glissant une maille, en tricotant ensemble les deux suivantes, puis en faisant passer la maille glissée par-dessus. Il sert surtout aux diminutions centrées, comme au sommet d’une calotte de bonnet ou dans certains motifs de dentelle.

Faut-il toujours suivre exactement la technique indiquée dans le patron ?

Oui, dès que le patron façonne symétriquement une pièce. Une diminution ou une augmentation qui retire ou ajoute le bon nombre de mailles mais dans le mauvais sens produit un vêtement techniquement conforme au comptage, mais visuellement déséquilibré une fois porté. Maîtriser ces quelques gestes suffit à couvrir l’immense majorité des façonnages rencontrés dans les patrons de pulls, gilets, bonnets et châles. La difficulté n’est jamais dans la complexité du geste lui-même — chacun se répète à l’

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