Amigurumi au tricot : modèles gratuits, technique et tuto

Amigurumi au tricot : modèles gratuits, technique et tuto

Amigurumi au tricot : technique, tuto et modèles gratuits (renard, chien)

  • L’amigurumi au tricot se réalise aux aiguilles (double pointes ou circulaires courtes façon magic loop), pas au crochet — la technique de base reste le jersey endroit tricoté en rond.
  • La difficulté propre au tricot : les mailles laissent passer un peu plus de jour que les mailles serrées du crochet, donc le rembourrage doit être plus compact ou le tricot plus serré (aiguilles plus petites que d’ordinaire) pour ne pas transparaître.
  • Deux gestes suffisent à façonner 90 % des formes : l’augmentation (tricoter une maille deux fois, devant puis derrière) pour arrondir, et la diminution (2 mailles ensemble) pour refermer sommet de tête, pattes ou queue.
  • Le renard et le chien sont deux modèles d’entrée de gamme au tricot : leurs oreilles pointues et leur museau se façonnent par diminutions rapprochées plutôt que par des pièces rapportées complexes.
  • Plusieurs livres français dédiés à l’amigurumi tricoté existent (animaux, doudous), utiles pour progresser une fois les tutos gratuits en ligne épuisés.

Vous cherchez à tricoter une petite peluche aux aiguilles plutôt qu’au crochet, et la plupart des tutos « amigurumi » que vous trouvez en ligne sont en fait des patrons crochet ? C’est normal : le mot amigurumi (contraction japonaise de « tricoté ou crocheté » et « peluche ») a été popularisé quasi exclusivement par la communauté crochet, dont la maille serrée cache naturellement le rembourrage. Le tricot permet pourtant de fabriquer les mêmes doudous — avec un rendu plus doux, plus souple, légèrement différent visuellement — à condition d’adapter deux ou trois réflexes techniques. Cet article vous montre comment faire, avec une méthode complète, deux modèles pour débuter (renard, chien) et les ressources gratuites ou en livre pour aller plus loin.


Amigurumi tricot ou crochet : quelle différence, et pourquoi si peu de modèles aux aiguilles ?

Le crochet domine très largement l’univers amigurumi pour une raison purement technique : la maille serrée (single crochet) produit un tissu dense, presque sans jour, qui empêche le rembourrage de ressortir entre les mailles. Le tricot, même en jersey endroit bien tendu, laisse structurellement un peu plus d’espace entre les mailles — c’est la nature de la boucle tricotée par rapport au nœud du crochet.

Cela ne rend pas l’amigurumi au tricot impossible, seulement légèrement différent à préparer :

  • Descendre d’une ou deux tailles d’aiguilles par rapport à ce que recommande l’étiquette du fil resserre le tissu et limite la transparence du rembourrage.
  • Doubler le fil (tricoter avec deux brins ensemble) épaissit la matière et referme les jours, au prix d’un rendu un peu plus épais.
  • Choisir une ouate de rembourrage fine et bien répartie plutôt que des boules compactes évite les points de tension qui écartent les mailles localement.

Le résultat obtenu au tricot n’est pas un « moins bon » amigurumi crochet : c’est un objet à part, avec un tombé plus souple et un aspect plus proche de la peluche tricotée à l’ancienne que du jouet crocheté aux contours nets. Les tricoteuses qui viennent du tricot vêtement plutôt que du crochet loisir créatif s’y retrouvent souvent plus facilement, puisqu’aucune nouvelle technique de fond n’est à apprendre — seulement quelques ajustements.


Amigurumi tricot aiguille : le matériel pour démarrer

Les aiguilles

L’amigurumi se tricote presque toujours en rond, sur un tube fermé (une jambe, un corps, une tête), ce qui exclut les aiguilles droites classiques. Deux options :

  • Les aiguilles double pointes (ADP), en jeu de 4 ou 5, pour les tubes de petit diamètre — têtes, pattes, oreilles. C’est l’option la plus courante pour l’amigurumi, car la plupart des pièces sont trop étroites pour une aiguille circulaire classique.
  • Une aiguille circulaire courte en méthode magic loop, à partir d’une quarantaine de mailles montées, pour les pièces plus larges comme un corps de grande taille.

Une pointure de 2,5 à 3,5 mm convient à la majorité des laines fines à moyennes utilisées en amigurumi — nettement plus petite que ce que le fil recommande habituellement pour un vêtement, précisément pour resserrer le tissu.

Le fil

Un fil coton ou coton mélangé, plutôt qu’une laine pure, est souvent préféré pour l’amigurumi car il donne une maille plus nette et plus facile à resserrer, et supporte mieux le lavage pour un jouet destiné à un enfant. C’est là qu’intervient une confusion fréquente autour du mot-clé Ricorumi : ce coton de la marque Rico Design est conçu et commercialisé spécifiquement pour le crochet (petites pelotes de 25 g, grosseur adaptée à un crochet de 3 à 4 mm). Rien n’empêche techniquement de le tricoter, mais il n’a pas été pensé pour ça : sur des aiguilles fines (2,5-3 mm), il donnera un tissu plus lâche que la maille crochet équivalente, avec le risque de transparence du rembourrage évoqué plus haut. Si vous tricotez plutôt que vous crochetez, mieux vaut choisir un coton généraliste pour amigurumi ou du reste de pelote de vêtement en fibre courte, et ajuster votre pointure d’aiguille en conséquence plutôt que de partir du principe qu’un fil « spécial amigurumi » fonctionnera de la même façon aux deux techniques.

Le reste du matériel

  • Une ouate de rembourrage synthétique lavable (à privilégier pour un jouet d’enfant), en petites touffes plutôt qu’en gros blocs.
  • Une aiguille à laine (aiguille à bout rond, sans pointe) pour coudre les pièces et fermer les sommets.
  • Des marqueurs de mailles, indispensables pour repérer le début de chaque rang quand on tricote en rond sans jamais tourner l’ouvrage.
  • En option, des yeux de sécurité (à visser, avec rondelle de fixation à l’arrière) pour un rendu plus net qu’une broderie, à réserver toutefois aux jouets destinés à des enfants assez grands pour ne pas risquer l’arrachage — pour un bébé, la broderie au fil reste plus sûre.

Les deux techniques qui font 90 % de l’amigurumi tricot

Pas besoin de maîtriser des points complexes pour tricoter un amigurumi : le corps du travail est un simple jersey endroit tricoté en rond (on ne fait jamais de rang envers). Toute la forme de la peluche vient de deux gestes.

L’augmentation, pour arrondir une forme

Pour élargir un tube (passer d’un museau étroit à une tête plus large, par exemple), la méthode la plus simple pour une débutante consiste à tricoter deux fois la même maille : une fois à l’endroit normalement, puis, avant de faire glisser la maille de l’aiguille gauche, à la retricoter une seconde fois en piquant l’aiguille droite dans le brin arrière de la même maille. Cela crée une maille supplémentaire sans trou visible, contrairement à un jeté classique qui laisserait un petit œillet — un détail important pour un amigurumi, où l’on veut une surface lisse et non texturée.

La diminution, pour refermer

Pour rétrécir un tube (sommet de tête, bout d’une patte, pointe d’une oreille), la diminution de base consiste à tricoter deux mailles ensemble (glisser l’aiguille droite dans les deux mailles suivantes comme pour une seule, puis les tricoter en même temps). Répétée régulièrement sur un rang, elle referme progressivement le tube jusqu’à ne laisser que quelques mailles.

Fermer un sommet proprement

Une fois qu’il ne reste que 4 à 6 mailles sur l’aiguille, deux méthodes de fermeture existent :

  • Couper le fil en laissant une longue bride, l’enfiler sur une aiguille à laine, et faire passer ce fil dans chaque maille restante avant de tirer pour resserrer le trou — la méthode la plus simple, adaptée à la plupart des amigurumis.
  • Le rabattage en fermeture invisible (grafting), plus technique, réservé aux pièces où l’on souhaite éviter toute couture visible sur une jonction entre deux tubes tricotés séparément (par exemple relier symétriquement deux pattes avant de continuer le corps).

Pour un premier amigurumi, la première méthode suffit largement et donne un résultat parfaitement satisfaisant une fois le rembourrage en place.


Amigurumi tricot facile gratuit : comment choisir son premier modèle

Un bon premier patron d’amigurumi tricot réunit trois caractéristiques :

  • Une seule pièce principale tricotée en rond (corps + tête d’un seul tenant), avec seulement 2 à 3 petites pièces rapportées (oreilles, pattes) — évitez pour un premier essai les modèles à 8 ou 10 pièces à coudre séparément.
  • Peu ou pas de changement de couleur en cours de pièce — le jacquard ou l’intarsia sur un tube de 15 mailles de diamètre est nettement plus délicat qu’à plat.
  • Une taille adulte du fil (pas un fil fingering trop fin), pour ne pas multiplier le nombre de mailles à gérer sur un tube déjà étroit.

Du côté des ressources gratuites en français, plusieurs blogs et sites spécialisés en tricot proposent régulièrement des modèles amigurumi complets, en particulier des animaux simples (chiens, chouettes, lapins) accessibles à une tricoteuse ayant déjà pratiqué le tricot en rond aux aiguilles double pointes. Les enseignes de laine proposent aussi ponctuellement des modèles gratuits téléchargeables en PDF sur leurs pages dédiées à l’amigurumi. Avant de vous lancer sur un modèle trouvé en ligne, vérifiez toujours qu’il précise la pointure d’aiguille, le rendu en mailles pour 10 cm (l’échantillon) et le grammage du fil utilisé — l’absence de ces informations est souvent signe d’un patron mal testé.


Tuto amigurumi tricot : réaliser une tête simple pas à pas

Voici la structure type d’un tuto de tête ronde, la pièce la plus fréquente en amigurumi tricot, pour comprendre la logique avant de suivre un modèle complet :

  1. Montage de 6 à 8 mailles sur des aiguilles double pointes (ou en circulaire magic loop pour une tête plus grosse), fermées en rond.
  2. Rangs d’augmentation : doubler progressivement le nombre de mailles sur plusieurs rangs (par exemple augmenter une maille sur deux, puis une sur quatre) jusqu’à atteindre le diamètre voulu — généralement entre 24 et 36 mailles pour une petite tête d’animal.
  3. Rangs droits en jersey simple sur la hauteur souhaitée, sans augmentation ni diminution, pour donner du volume au visage.
  4. Insertion du museau ou des traits du visage si le modèle le prévoit (broderie, pièce rapportée), avant de refermer complètement — il est presque toujours plus facile de broder les yeux et le nez sur une pièce encore ouverte que sur une boule déjà fermée et rembourrée.
  5. Rembourrage, en tassant progressivement par petites touffes plutôt qu’en un seul bloc, pour éviter les zones creuses ou au contraire trop tendues qui déforment la rondeur.
  6. Rangs de diminution, généralement le miroir des augmentations du départ, jusqu’à ne laisser que 4 à 6 mailles.
  7. Fermeture au fil tiré à l’aiguille à laine, puis rentrée des fils sur l’envers.

Cette même logique (monter, augmenter, tricoter droit, diminuer, fermer) s’applique à un corps, une patte ou une queue — seules les proportions changent.


Amigurumi renard tricot : un premier modèle accessible

Le renard fait partie des modèles d’amigurumi tricot les plus recherchés, et c’est un bon choix pour une deuxième réalisation (après une forme ronde simple type boule ou pomme) car sa morphologie reste gérable aux aiguilles :

  • Le museau pointu se façonne par une série de diminutions rapprochées à l’avant de la tête plutôt que par une pièce triangulaire cousue — c’est la partie la plus délicate techniquement, car les diminutions doivent être régulières pour éviter un museau tordu.
  • Les oreilles triangulaires sont en général tricotées à plat séparément (montage large, diminutions sur les deux bords à chaque rang jusqu’à la pointe), puis cousues sur la tête une fois celle-ci terminée.
  • Le contraste de couleurs (roux sur le dessus, blanc/crème sous le museau et le ventre) est le plus souvent réalisé en changeant de fil à un rang précis plutôt qu’en jacquard sur toute la pièce — beaucoup plus simple à exécuter qu’un motif jacquard sur un tube étroit.
  • La queue touffue peut être tricotée en tube classique rembourré, ou en franges rapportées après coup pour un effet plus fourni — cette seconde option évite d’avoir à gérer une forme conique supplémentaire.

Des versions traduites en français de patrons de renard amigurumi tricoté circulent en ligne (blogs spécialisés en tricot-jouet), généralement pour une pièce finie autour de 20 à 25 cm de hauteur — une taille qui reste maniable pour une première tentative de museau pointu.


Chien amigurumi tricot : variantes et niveau de difficulté

Le chien est l’autre modèle d’amigurumi tricot très demandé, avec un niveau de difficulté qui varie beaucoup selon la race représentée :

  • Un chien « générique » à oreilles tombantes (type labrador ou cocker stylisé) est l’une des formes les plus simples : tête ronde classique, oreilles tricotées à plat en forme de goutte et cousues tombantes plutôt que dressées, museau légèrement allongé par quelques rangs droits avant les diminutions finales.
  • Un chien à oreilles dressées (type berger ou husky) complique légèrement la pièce des oreilles (triangle plus raide, parfois doublé d’un fil plus rigide ou d’une petite pièce cartonnée invisible à l’intérieur pour les faire tenir debout).
  • Les taches de couleur (chien tacheté, bicolore) suivent la même logique que pour le renard : changement de fil à un rang précis plutôt que motif jacquard complexe.

Pour une première tricoteuse d’amigurumi, un modèle de chiot aux oreilles tombantes et à la robe unie reste le choix le plus indulgent — la marge d’erreur sur les diminutions du museau est plus grande que sur un renard, dont le museau fin pardonne moins les irrégularités.


Amigurumi tricot livre : pour progresser au-delà des tutos gratuits

Une fois les modèles gratuits en ligne épuisés, plusieurs ouvrages français sont spécifiquement consacrés à l’amigurumi tricoté aux aiguilles plutôt qu’au crochet :

  • « Animaux au tricot », de Louise Crowther — un recueil réunissant une quinzaine d’animaux tricotés (dont renard, souris, cheval, raton laveur), avec leurs accessoires et vêtements, pensé spécifiquement pour l’amigurumi aux aiguilles plutôt que le crochet.
  • Des recueils réunissant une vingtaine de personnages tricotés (animaux, personnages, sujets de saison), avec explications pas à pas et photos, disponibles chez plusieurs merceries en ligne françaises spécialisées en tricot.

L’intérêt d’un livre par rapport à des tutos gratuits épars est la cohérence des techniques employées d’un modèle à l’autre (même méthode de montage, mêmes conventions d’augmentation/diminution), ce qui accélère nettement la progression une fois les deux ou trois premiers modèles réalisés.


Conclusion

L’amigurumi au tricot reste une pratique de niche par rapport au crochet, mais elle repose sur des techniques que la plupart des tricoteuses maîtrisent déjà : le jersey en rond, l’augmentation et la diminution. La seule vigilance réelle porte sur la densité du tissu — aiguilles plus petites que d’ordinaire, fil bien choisi, rembourrage réparti en petites touffes — pour obtenir une peluche à la fois solide et agréable au toucher. En commençant par une forme ronde simple avant de vous attaquer à un museau de renard ou des oreilles de chien, vous construisez progressivement les bons réflexes de diminution rapprochée qui font la différence entre une tête bien proportionnée et une tête tordue. De quoi transformer vos restes de pelotes en une petite ménagerie tricotée, sans jamais toucher un crochet.


Peut-on faire de l’amigurumi avec des aiguilles à tricoter classiques ?

Oui, à condition qu’elles soient adaptées au tricot en rond sur petit diamètre : aiguilles double pointes pour les tubes étroits (tête, pattes), ou aiguille circulaire courte en magic loop pour les pièces plus larges comme un corps.

Pourquoi la plupart des modèles amigurumi sont-ils au crochet et pas au tricot ?

Parce que la maille crochet est naturellement plus dense et laisse moins de jour que la maille tricotée, ce qui évite au rembourrage de transparaître. Le tricot fonctionne tout aussi bien, à condition de resserrer le tissu (aiguilles plus petites, fil doublé si besoin).

Le fil Ricorumi convient-il pour tricoter un amigurumi ?

Ce coton est conçu et calibré pour le crochet (3-4 mm), pas pour le tricot. Il peut être tricoté sur des aiguilles fines, mais donnera un tissu plus lâche qu’au crochet équivalent — mieux vaut alors choisir un coton spécifiquement pensé pour le tricot serré, ou compenser avec des aiguilles nettement plus petites que d’ordinaire.

Quelle taille d’aiguilles utiliser pour un amigurumi tricoté ?

Généralement entre 2,5 et 3,5 mm pour un fil coton ou laine fine à moyenne — une pointure plus petite que celle recommandée sur l’étiquette du fil, pour resserrer les mailles et limiter la transparence du rembourrage.

Quel modèle choisir pour un premier amigurumi tricot ?

Une forme ronde simple (boule, petit personnage sans museau ni oreilles complexes) avant de passer à un renard ou un chien : ces deux derniers demandent une diminution régulière pour le museau, une compétence à acquérir sur une forme plus indulgente d’abord.

Comment éviter que le rembourrage se voie à travers les mailles ?

Descendre d’une ou deux tailles d’aiguilles par rapport à la recommandation du fil, répartir le rembourrage en petites touffes plutôt qu’en blocs compacts, et éviter de trop étirer le tricot en le remplissant.

Existe-t-il des livres dédiés uniquement à l’amigurumi au tricot ?

Oui, plusieurs ouvrages français comme « Animaux au tricot » de Louise Crowther réunissent exclusivement des modèles d’animaux et de personnages tricotés aux aiguilles, avec une méthode homogène d’un modèle à l’autre.

Voir aussi

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