Tricot Torsades : Techniques, Modèles Faciles et Complexes

Tricot Torsades : Techniques, Modèles Faciles et Complexes

Tricot torsades : techniques et modèles

  • Une torsade se réalise en mettant en attente un groupe de mailles sur une aiguille auxiliaire, placée devant l’ouvrage pour un croisement vers la gauche, derrière pour un croisement vers la droite.
  • La torsade simple à 2 mailles peut se tricoter sans aiguille auxiliaire, en glissant directement les mailles les unes sur les autres — une bonne porte d’entrée avant les modèles à 4, 6 ou 8 mailles.
  • Au-delà de 8 mailles par torsade, le tissu se resserre fortement ; les motifs à 12 ou 16 mailles juxtaposent en général plusieurs petites torsades plutôt qu’une seule très large.
  • La torsade irlandaise (ou Aran) associe plusieurs motifs symboliques sur un même pull — corde, losange, nid d’abeille — quand la torsade celtique privilégie un entrelacs continu inspiré des enluminures.
  • Les mailles croisées consomment plus de fil et tassent le tricot : il faut souvent ajouter des mailles au montage et vérifier l’échantillon avant de se lancer sur un ouvrage entier.

Vous voulez savoir comment tricoter une torsade sans vous perdre entre aiguille auxiliaire, sens du croisement et nombre de mailles ? Voici la réponse directe : une torsade consiste à faire glisser un petit groupe de mailles vers l’avant ou l’arrière de l’ouvrage à l’aide d’une aiguille auxiliaire, à tricoter les mailles suivantes, puis à revenir tricoter les mailles mises en attente — ce simple décalage dans l’ordre de tricotage crée l’effet de croisement. La difficulté n’est pas le geste lui-même, plutôt simple une fois compris, mais le repérage : savoir quand placer l’aiguille devant ou derrière, combien de rangs laisser entre deux croisements, et comment lire une grille quand le motif s’étoffe (torsade double, irlandaise, celtique).

Cet article détaille la technique de base à l’aiguille auxiliaire et son alternative sans aiguille pour les torsades à 2 mailles, les modèles courants à 4, 6 et 8 mailles, les torsades complexes à 12 et 16 mailles, les torsades irlandaises et celtiques, ainsi que les erreurs de tension les plus fréquentes.

Le principe de base : croiser des mailles avec une aiguille auxiliaire

Une torsade repose sur un principe unique, quelle que soit sa largeur : un groupe de mailles change de place par rapport au groupe voisin, ce qui crée un effet de relief tressé sur l’endroit du tricot. Pour réaliser ce déplacement sans perdre de mailles ni les tricoter dans le désordre, on utilise une aiguille auxiliaire (aussi appelée aiguille ou câble à torsades), le plus souvent coudée et à double pointe pour éviter que les mailles ne glissent.

Le geste se déroule en trois temps : on glisse un premier groupe de mailles sur l’aiguille auxiliaire sans les tricoter, on tricote normalement le groupe de mailles suivant sur l’aiguille droite, puis on revient tricoter les mailles mises en attente sur l’aiguille auxiliaire. C’est la position de cette aiguille pendant l’opération qui détermine le sens visuel du croisement : placée devant l’ouvrage, la torsade semble se croiser vers la gauche ; placée derrière, elle semble se croiser vers la droite (Conseils Tricot — comment tricoter des torsades).

Le choix de l’aiguille auxiliaire compte aussi dans le résultat final : il est conseillé de prendre un diamètre légèrement inférieur à celui des aiguilles utilisées pour le reste de l’ouvrage, afin que les mailles en attente ne se détendent pas pendant la manipulation (Laines Plassard — tricoter des torsades). Un modèle sans coude, ou un simple crochet de secours, fonctionne aussi pour des torsades courtes, à condition de rester attentive pendant le transfert des mailles.

Un repère utile pour lire n’importe quelle grille de torsade tricot : le nombre de rangs entre deux croisements détermine à quel point le motif paraît « tordu ». Peu de rangs entre chaque croisement donnent une torsade serrée et très marquée ; davantage de rangs donnent un motif plus étiré, plus doux visuellement.

Tricot torsade 2 mailles : la technique la plus simple, avec ou sans aiguille auxiliaire

La torsade à 2 mailles est le point d’entrée le plus accessible pour découvrir cette famille de points, car elle ne demande de manipuler qu’une seule maille en attente à la fois. Le principe reste identique à celui décrit plus haut, mais à cette échelle réduite, il devient possible de s’en passer complètement.

Pour tricoter une torsade à 2 mailles sans aiguille auxiliaire, on glisse la première maille sur l’aiguille droite sans la tricoter, on tricote la deuxième maille à l’endroit en piquant par l’arrière (dans le brin arrière de la maille, pour éviter de la relâcher trop tôt), puis on récupère la première maille glissée pour la tricoter à son tour, avant de faire tomber les deux mailles de l’aiguille gauche ensemble. Cette méthode va plus vite qu’un passage par l’aiguille auxiliaire, mais elle demande un peu plus de dextérité au début : mieux vaut s’entraîner sur un échantillon avant de l’appliquer à un ouvrage entier.

La torsade à 2 mailles sert rarement seule sur un pull entier : elle est surtout utilisée en accent, en bordure de torsade plus large pour l’encadrer visuellement, ou répétée en colonnes régulières pour un effet de « fausses côtes torsadées », plus texturé que de simples côtes 1×1.

Torsades tricot 4, 6 et 8 mailles : les modèles les plus courants

Entre 4 et 8 mailles, les torsades restent d’un niveau accessible et couvrent la grande majorité des modèles proposés dans les patrons de pulls, écharpes et bonnets.

Une torsade à 4 mailles se travaille en général en mettant 2 mailles en attente sur l’aiguille auxiliaire, en tricotant les 2 mailles suivantes, puis en revenant tricoter les 2 mailles en attente. C’est un format léger, souvent utilisé en bandeau vertical répété plusieurs fois sur la largeur d’un ouvrage, ou en bordure de manche.

Une torsade à 6 mailles répartit le mouvement sur 3 mailles mises en attente puis 3 mailles tricotées, avec un croisement généralement répété tous les 6 à 8 rangs. C’est l’un des formats les plus employés dans les modèles de pulls torsadés classiques, car il offre un bon compromis entre visibilité du motif et facilité d’exécution (Les points de Tricot — grosse torsade à 8 et 16 mailles).

Une torsade à 8 mailles demande de mettre 4 mailles en attente puis d’en tricoter 4 autres. Un motif fréquent consiste à faire cohabiter, côte à côte, une torsade qui croise vers la droite et une qui croise vers la gauche, ce qui donne un effet de vague symétrique particulièrement lisible sur un pull ou un plaid. Ce format est aussi celui à partir duquel il devient nécessaire de porter une attention accrue à la régularité de la tension, le nombre de mailles manipulées simultanément augmentant le risque de fil qui se détend.

Une règle transmise par les tricoteuses expérimentées et reprise dans plusieurs guides de points : il est préférable de ne pas dépasser 8 mailles pour une torsade unique, car au-delà, les mailles croisées tassent excessivement le tricot et rendent l’ouvrage plus rigide que prévu (Les points de Tricot — grosse torsade à 8 et 16 mailles). C’est précisément pour cette raison que les torsades plus larges, à 12 ou 16 mailles, ne se construisent presque jamais comme un bloc unique de mailles croisées.

Tricot torsades complexes : les modèles à 12 et 16 mailles

Contrairement à ce que leur largeur pourrait laisser penser, les torsades à 12 ou 16 mailles ne sont pas simplement des torsades à 8 mailles agrandies. Dans la grande majorité des grilles publiées, ces formats juxtaposent plusieurs torsades plus étroites, tricotées côte à côte et parfois entrelacées entre elles, pour donner l’illusion d’un motif unique plus large et plus dense.

Un exemple typique de grosse torsade à 16 mailles combine deux torsades à 8 mailles travaillées en miroir, l’une croisant vers la gauche et l’autre vers la droite, avec un rythme de croisement décalé pour que l’œil perçoive un seul motif continu plutôt que deux bandes séparées (Les points de Tricot — grosse torsade à 8 et 16 mailles). Une torsade à 12 mailles suit une logique proche, souvent construite autour de trois blocs de 4 mailles ou de deux blocs de 6 mailles qui se croisent en alternance.

Ce qui rend ces modèles réellement plus complexes n’est donc pas le geste de base — toujours le même transfert sur aiguille auxiliaire — mais la lecture de la grille : plusieurs symboles à suivre en parallèle, des rangs où deux croisements différents se produisent au même endroit, et une nécessité de compter les mailles bien plus rigoureusement pour ne pas décaler tout le motif. Une grille torsade tricot (diagramme) devient ici quasiment indispensable : elle représente chaque maille par un symbole indiquant si elle est tricotée à l’endroit, à l’envers, ou mise en attente pour un croisement, et de quel côté (Les Triconautes — comment lire un diagramme torsade). Les grilles de marques comme Phildar suivent globalement les mêmes conventions de symboles, ce qui permet de transposer une lecture de grille apprise sur un modèle à un autre modèle, même d’une marque différente.

Pour aborder ces torsades complexes sans se décourager, il est conseillé de tricoter d’abord un échantillon isolé du motif, en dehors de l’ouvrage final, afin de mémoriser l’enchaînement des croisements avant de le reproduire sur toute la largeur d’un pull ou d’un plaid.

La torsade double : une torsade dans une torsade

La torsade double ajoute un niveau de complexité supplémentaire : au lieu de croiser deux blocs de mailles unis, elle fait apparaître une torsade plus petite à l’intérieur même d’un motif torsadé plus large, comme un tressage dans un tressage.

Concrètement, cela signifie qu’à certains rangs, ce ne sont plus seulement des mailles endroit qui sont mises en attente sur l’aiguille auxiliaire, mais des mailles qui appartiennent elles-mêmes à un motif de torsade en cours. Le résultat visuel rappelle une corde tressée à plusieurs brins plutôt qu’un simple croisement à deux bandes. Cette technique demande une bonne maîtrise de la torsade simple avant de s’y essayer, car une erreur de repérage sur quel groupe de mailles appartient à quelle torsade se répercute sur plusieurs rangs suivants.

La torsade double est fréquemment utilisée comme motif central d’un pull irlandais, entourée de torsades plus simples ou de côtes qui servent de cadre visuel.

Torsade irlandaise : les motifs Aran et leur symbolique

La torsade irlandaise, aussi désignée par le terme anglais Aran stitches, ne correspond pas à un point unique mais à toute une famille de motifs traditionnellement associés aux pulls tricotés dans les îles d’Aran, au large de l’Irlande. Plusieurs motifs distincts y sont combinés sur un même vêtement plutôt que répétés seuls sur toute la surface.

Chaque motif porte une signification qui lui est propre dans cette tradition : la torsade en forme de corde est associée à l’unité familiale et à la vie de marin, le motif en losange évoque la prospérité et les petits champs cultivés, le point nid d’abeille rappelle le travail assidu de l’abeille, et le motif en treillis (ou « filet ») fait référence aux filets de pêche (Froufanfal — tricot irlandais, grosse torsade double). Un pull irlandais traditionnel associe généralement trois à cinq de ces motifs sur sa largeur, séparés par des bandes de côtes ou de point mousse qui font respirer l’ensemble visuellement.

Techniquement, une torsade irlandaise ne demande rien de plus que les croisements déjà décrits plus haut : la complexité vient surtout du nombre de motifs différents à suivre sur un même rang, chacun avec son propre rythme de croisement. C’est un exercice particulièrement formateur pour progresser en lecture de grille, car il oblige à gérer plusieurs symboles en parallèle sans les confondre.

Torsade celtique : l’entrelacs continu

La torsade celtique se distingue de la torsade irlandaise par son approche visuelle : là où l’Aran assemble plusieurs motifs symboliques distincts côte à côte, la torsade celtique cherche à donner l’illusion d’un entrelacs continu, un même « brin » qui semble passer alternativement dessus et dessous sans début ni fin visible, à l’image des enluminures et de l’orfèvrerie celtiques.

Ce rendu s’obtient en multipliant les points de croisement à des endroits précis, calculés pour que chaque « brin » du motif se retrouve alternativement au-dessus puis en dessous du brin voisin sur toute la hauteur de l’ouvrage. C’est l’une des formes de torsade les plus exigeantes en lecture de grille, car une seule erreur de croisement casse la continuité visuelle de l’entrelacs et devient immédiatement visible.

En pratique, la torsade celtique est surtout réservée à des pièces d’apparat — écharpes, châles, empiècements centraux de pulls — plutôt qu’à un ouvrage entier, à la fois pour des raisons de temps de réalisation et parce qu’un entrelacs dense sur toute une surface peut rapidement alourdir visuellement un vêtement.

Tension, consommation de fil et erreurs fréquentes

Les torsades ont une conséquence mécanique directe sur le tricot : le croisement répété des mailles resserre le tissu par rapport à un jersey ou un point mousse simple, sur la même largeur de mailles montées. Deux implications pratiques en découlent.

D’abord, un ouvrage comportant des torsades consomme davantage de fil qu’un ouvrage uni de même taille, puisque les mailles croisées se tassent en largeur mais gagnent en épaisseur et en densité. Il est donc conseillé de prévoir une marge de pelotes supplémentaire par rapport à un modèle sans relief, en particulier pour les torsades larges (12 ou 16 mailles) et les torsades doubles.

Ensuite, la tension du tricot doit être surveillée en priorité sur les rangs de croisement, moment où le fil a tendance à se resserrer davantage à cause de la manipulation des mailles sur l’aiguille auxiliaire. Un tricot torsadé réalisé trop serré perd en souplesse et peut donner un tissu rigide, désagréable à porter sur un pull.

Trois erreurs reviennent régulièrement chez les tricoteuses qui découvrent les torsades. Confondre le sens du croisement en oubliant si l’aiguille auxiliaire doit être placée devant ou derrière est la plus fréquente ; elle se corrige simplement en associant mentalement « devant = croise à gauche, derrière = croise à droite ». Perdre le compte des rangs entre deux croisements est la deuxième, un marqueur de rang ou un simple bout de fil de couleur posé sur le bord de l’ouvrage suffit à s’y retrouver. Enfin, tricoter le montage de mailles avec le même nombre que pour un ouvrage uni, sans tenir compte du tassement propre aux torsades, donne un vêtement plus étroit que prévu une fois terminé — un point à vérifier systématiquement sur l’échantillon avant de monter les mailles définitives.

Quel projet choisir pour progresser sur les torsades

Un poignet ou une écharpe étroite en torsade à 6 mailles constitue un premier projet réaliste : assez de longueur pour répéter le motif plusieurs fois et mémoriser le rythme des croisements, sans la pression d’un ouvrage complet. Un bonnet permet ensuite de combiner une torsade à 8 mailles avec des côtes en bordure, un format très répandu dans les modèles pour débutantes avancées.

Pour aborder les torsades complexes, un coussin ou un carré de plaid isolé offre un cadre idéal : assez grand pour tester une torsade à 12 ou 16 mailles ou un motif irlandais à plusieurs bandes, sans le risque de devoir défaire un pull entier en cas d’erreur de lecture de grille. Une fois cette étape passée, un pull complet avec plusieurs motifs Aran, ou une écharpe en entrelacs celtique, deviennent des objectifs atteignables avec un temps de réalisation en conséquence.

Comment tricoter une torsade sans aiguille auxiliaire ?

Pour une torsade à 2 mailles, il est possible de glisser la première maille sans la tricoter, de tricoter la deuxième par le brin arrière, puis de récupérer la première maille glissée pour la tricoter à son tour, avant de faire tomber les deux mailles ensemble de l’aiguille gauche. Au-delà de 2 mailles, l’aiguille auxiliaire reste nécessaire pour ne pas perdre de mailles en attente.

Quelle est la différence entre une torsade simple et une torsade double ?

La torsade simple croise deux blocs de mailles unis. La torsade double fait apparaître une torsade plus petite à l’intérieur même d’un motif torsadé plus large, comme une corde tressée à plusieurs brins, ce qui demande une bonne maîtrise préalable de la torsade simple.

Comment savoir si une torsade croise vers la gauche ou vers la droite ?

Cela dépend de la position de l’aiguille auxiliaire pendant la manipulation : devant l’ouvrage, la torsade semble se croiser vers la gauche ; derrière l’ouvrage, elle semble se croiser vers la droite.

Peut-on tricoter une torsade à plus de 8 mailles ?

Oui, mais les modèles à 12 ou 16 mailles combinent en général plusieurs torsades plus étroites côte à côte plutôt qu’un seul bloc de mailles croisées, car au-delà de 8 mailles le tissu se resserre excessivement.

Qu’est-ce qu’une torsade irlandaise ?

C’est une famille de motifs traditionnellement associés aux pulls des îles d’Aran, où plusieurs torsades symboliques (corde, losange, nid d’abeille, treillis) sont combinées sur un même vêtement plutôt que répétées seules.

En quoi la torsade celtique diffère-t-elle de la torsade irlandaise ?

La torsade irlandaise juxtapose plusieurs motifs symboliques distincts, tandis que la torsade celtique cherche à donner l’illusion d’un entrelacs continu, un même brin qui semble passer alternativement dessus et dessous sans interruption visible.

Faut-il prévoir plus de laine pour un ouvrage torsadé ?

Oui, les mailles croisées tassent le tricot en largeur et gagnent en épaisseur, ce qui augmente la consommation de fil par rapport à un ouvrage uni de même taille, surtout pour les torsades larges ou doubles.

Quelle aiguille auxiliaire choisir pour tricoter des torsades ?

Il est conseillé de prendre un diamètre légèrement inférieur à celui des aiguilles utilisées pour le reste de l’ouvrage, afin que les mailles mises en attente ne se détendent pas pendant le transfert. La torsade tricot repose, à toutes les échelles, sur le même geste de base : mettre un groupe de mailles en attente, en tricoter d’autres, puis revenir aux premières. Ce qui distingue une torsade simple à 2 mailles d’un entrelacs celtique complexe n’est donc pas la technique elle-même, mais le nomb

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