Tricot-thérapie

Tricot-thérapie

Article écrit pour le magazine In the loop .

Le tricot revient à la mode et ses vertus dépassent largement le simple fait de créer un objet de ses mains. Inventé pour répondre à des besoins purement pratiques, puis devenu le passe-temps de nos mères et nos grands-mères, le tricot a pris aujourd’hui une toute autre dimension. En effet, on ne cesse de vanter ses bienfaits sur notre santé, notre vie sociale à tel point que l’on parle même aujourd’hui de « tricot-thérapie » ! Tricoter est le nouveau yoga

Selon Fiona Clarke, spécialiste de la promotion santé à NHS Highland , tricoter permet de ralentir notre rythme et a des vertus anti-stress, ce que de nombreux tricoteurs pourront confirmer. D’ailleurs, certaines entreprises britanniques font la promotion du tricot parmi leurs employés afin d’améliorer leur qualité de travail.

Monica Baird, spécialiste de la douleur, interrogée par Catherine Cordonnier pour Top Santé explique que « le fait de tricoter modifie la chimie du cerveau, en faisant baisser le taux de cortisol, l’hormone du stress, tout en dopant la production de dopamine et de sérotonine, les molécules du bien-être ».

D’ailleurs, Jacques Plante, gardien de but pour l’équipe de hockey Les Canadiens de Montréal, pratiquait le tricot avant et après les matchs de la Coupe Stanley entre 1956 et 1960 car il estimait que cette pratique avait un effet calmant.

Renée Blixt, membre de the Crochet Guild of America et the Knitting Guild of America ajoute que tricoter aide à se focaliser sur l’ensemble d’une situation et non pas sur les détails. En effet, chaque maille tricotée fait partie d’un tout.Comprendre un patron c’est avoir une vision d’ensemble, mais également la notion de toutes les étapes intermédiaires qui amènent à sa réalisation (de ce qu’il deviendra). Se focaliser sur la finalité plutôt que sur un détail particulier permet d’avoir un meilleur aperçu d’une situation et de la résoudre plus efficacement.

Enfin, le tricot peut avoir une dimension spirituelle, c’est le cas du talit ou châle de prière juif. Il s’agit d’un grand rectangle de laine avec des franges dans lequel s’enroulent certains pratiquants juifs pour la prière. De manière plus ésotérique, certains prayer shawls sont également créés à travers un rite spirituel (prières et bénédictions) ayant pour but de lui donner des propriétés guérisseuses et bienfaisantes.

De plus, ce passe-temps demande une concentration proche de la méditation. Une fois que le point à effectuer a été totalement mémorisé, l’esprit peut vagabonder paisiblement. Les mouvements répétés des aiguilles deviennent naturels et activent les mêmes zones du cerveau que le yoga ce qui permet de ressentir les bienfaits de la méditation, c’est « un moyen de mettre le corps en relaxation » dixit le Dr Bendon, directeur de l’Institut du cerveau à l’école de médecine de Harvard. Tricoter permet donc d’apaiser les tensions et les problèmes de santé liés à l’anxiété. Ma tricot-thérapie

Personnellement, mon tricot me suit partout et est devenu un élément indispensable à ma vie.

Cela a commencé lors de périodes difficiles au travail. Dans ces moments-là, j’attendais la pause déjeuner avec impatience pour pouvoir tricoter quelques rangs ! Cela me permettait de me calmer, de me vider la tête et de m’occuper les mains pour ne pas ressasser les problèmes de la matinée. C’est d’ailleurs aussi à cette époque-là que j’ai rejoint un groupe de tricot et ai créé mon blog.

Depuis ce temps-là, dès que je me rends dans un lieu inconnu ou que j’ai un rendez-vous de travail, je prends toujours mes aiguilles avec moi au cas où j’aurais à faire face à une situation stressante, ou pire encore, ennuyeuse (et si mon client me faisait faux bon ?).

Finalement, mon tricot est devenu un point d’encrage qui me rassure, comme un enfant peut être rassuré par la présence de son doudou. Même si je tricote rarement dans les situations que j’ai décrites, je suis toujours rassurée de savoir que, dans mon sac, se cache un plan B et qu’après mes obligations journalières, je vais pouvoir m’y consacrer. Dans ces cas-là, je me sens un peu comme la tricoteuse masquée : d’apparence ordinaire, elle ne pense qu’à une seule chose, son fil et ses aiguilles !

De plus, tricoter permet de lutter contre l’ennui. Si vous faites un travail qui ne vous passionne pas, rien ne vous empêche de commencer à imaginer votre prochain patron, voire de commencer à l’ébaucher sur un coin de table, loin des regards indiscrets !

Et puis, si vous êtes dans un environnement de travail où personne n’a pris l’habitude de vous remercier ou de vous féliciter pour vos efforts, tricoter pourra (en partie) combler ce sentiment d’ingratitude. En effet, finir un projet est très gratifiant. Premièrement, parce que vous provoquez, en général, l’admiration de vos proches et, deuxièmement parce que vous avez entrepris et réalisé quelque chose de concret et d’inaccessible pour la plupart des gens ! Le fruit de vos efforts est visible sous vos yeux, ce qui n’est pas toujours le cas au travail selon votre domaine d’activité.

Alors si vous aussi, êtes malheureux ou malheureuse au boulot, qu’un seul mot : le tricot ! Tricoter a des vertus sociales

Tricoter c’est aussi faire partie d’une communauté.

La communauté peut être virtuelle, à travers les blogs ou encore sur Ravelry (site web communautaire de tricot et de crochet, regroupant plus de 2 millions de membres).

Mais ce sont aussi des rencontres réelles qui ont régulièrement lieu dans chaque grande ville, grâce aux cafés tricots, de plus en plus populaires. C’est un moyen pour de nombreuses personnes (hommes et femmes) de sortir de leur quotidien et de créer de nouveaux liens amicaux grâce à leur passion. Sans parler des groupes à vocation sociale dont le but est de créer des vêtements et couvertures pour des œuvres caritatives (voir « Mets ton bonnet ! » des petits frères des pauvres)

Suggestion de lecture : le roman de Debbie Maccomber, Un printemps à Blossom street

Lorsque, un beau matin d’avril, Lydia Hoffman ouvre sa boutique dans un quartier ancien de Seattle, elle réalise son rêve de toujours. Car à travers la laine qu’elle y vend et les ateliers de tricot qu’elle anime, c’est son goût de la vie qu’elle transmet. L’envie d’avancer pas à pas, envers et contre tout, qui guide son existence depuis qu’elle a vaincu la maladie. Et son rêve de commencer une nouvelle vie, une vie où l’amour aurait toute sa place. La petite boutique de Blossom Street devient bientôt le rendez-vous privilégié de trois femmes – Jacqueline la bourgeoise, Carol, la jeune mariée en mal d’enfant et Alix la rebelle – qui, par delà leurs différences, vont se découvrir bien plus proches qu’elles ne le croyaient dans leurs souffrances, leurs espoirs, leur désir de maternité ou d’amour. Tricoter, un régime, une solution pour arrêter de fumer ?

Tricoter est un bon remède pour la perte de poids. Tel que nous le confie Pauline, bloggeuse de Mercredi et Compagnie , tricoter pendant un apéritif entre amis permet d’éviter de se jeter sur les biscuits sans que personne ne le remarque !

Mais la pratique du tricot n’est pas seulement bonne pour le régime, elle permet également d’arrêter de fumer. Après un chagrin d’amour Elisabeth Ollieric a décidé d’arrêter de fumer et s’est lancée dans le tricot pour pouvoir substituer le geste répétitif de la prise de cigarette avec un autre, celui des aiguilles. Cette méthode ayant fonctionné pour elle, elle a créé le kit Pénéclop’ attitude d’une valeur de 30 euros dans lequel on trouve le nécessaire pour commencer une écharpe qui se terminera avec votre envie de fumer. Tricoter, une nouvelle hygiène de vie ?

Tous ces exemples montrent que le tricot apporte de nombreux bienfaits du point de vue médical et social. Il permet de retravailler sur nos habitudes, nous fait sortir de notre quotidien tout en faisant de bonnes actions. Tricoter améliore notre quotidien, qu’on le pratique entre amis ou seul, qu’on l’investisse d’une dimension spirituelle ou méditative. Le tricot est une activité compulsive moins nocive que la cigarette et le grignotage, elle occupe les mains et l’esprit et nous permet de nous recentrer sur nous mêmes. En tout cas, pour moi, ça a marché et pour vous ?

Sources :

http://www.orilliapacket.com/ArticleDisplay.aspx?e=3098129&archive=true http://renee-blixt.suite101.com/knitting-as-the-new-yoga-a33393

http://elisabethollieric.prosite.com/51068/452696/styles/le-kit-pnclop-attitude

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