Pourquoi je tricote ?
Je ne vais pas vous faire la liste des 10 bonnes raisons de vous mettre au tricot car mon but, ici, n’est pas de vous convaincre de commencer mais plutôt d’échanger avec vous sur notre passion commune. Chacun(e) de nous à de bonnes raisons de s’adonner à cette activité. Commençons par les miennes.
En fait, j’ai évolué avec le tricot et mes raisons aussi.

De mes 14 à 25 ans, j’ai tricoté par envie de transmettre et à cause d’un grand sentiment de solitude.
Quand j’ai appris à tricoter à l’âge de 14 ans, je l’ai fait pour faire plaisir à ma grand-mère. Je voulais lui donner l’opportunité de m’apprendre ce qu’elle aimait. J’ai toujours eu en tête d’écrire un livre pour raconter son histoire, c’est finalement par le tricot que je transmets son héritage.
Ensuite, j’ai mis le tricot de côté pendant plusieurs années, mon adolescence ne laissant pas trop de place à cela.
J’ai repris quand j’avais 21 ans, après le décès de ma grand-mère. Enfin prête à porter sur mes épaules le poids de ce qu’elle m’avait laissé.
Je me souviens avoir tricoté pour garder un lien avec elle mais aussi parce que je me sentais seule chez moi, dans ma chambre londonienne.
Puis, de retour en France, toujours guidée par ce lien familial mais aussi par mon envie d’apprendre et de créer, j’ai appris à faire mon premier pull grâce au « tricot pour les nuls » et aux magazines Phildar.
De mes 25 à 27 ans mes raisons ont évoluées. La solitude m’avait poussée à entrer dans un groupe de tricot, ce qui a changé ma vie et ma vision des choses. Je suis devenue discrètement snob. J’ai appris à aimer la fibre, sa couleur, son toucher, son odeur. J’ai appris à aimer avoir les aiguilles entre mes mains, à faire ce mouvement répétitif pour naviguer dans d’autres mondes.
Le tricot m’a permis de prendre confiance en moi, de rencontrer de nouvelles personnes et m’a sauvée de la vie ennuyeuse que j’avais avant ça.
Pour me changer les idées et m’évader en pensée du lieu dans lequel je me trouvais, je rêvais du prochain projet tricot que j’allais réaliser, de là a aussi germée l’idée d’ouvrir une boutique de laine. Comme quoi, s’emmerder au travail peut avoir du bon…
A cette époque, mes différents emplois n’étaient absolument pas gratifiants. Je n’avais aucune reconnaissance que ce soit au niveau humain ou salarial. Tricoter m’a permis de trouver le moyen d’être fière de moi. Je me souviens du jour où j’ai donné un cours en portant le gilet que j’avais terminé. J’avais tellement peur que les étudiants se moquent de moi, mais pas du tout !
Par la suite, porter mes propres créations m’a rendu service : cela m’a permis de me différencier, de prendre confiance en moi, d’attirer de nouvelles personnes et de faire partie d’une communauté.
A partir de mes 27 ans, je suis rentrée dans une autre dimension de ma vie.
A 27 ans, je suis arrivée à Montréal et comme le tricot avait été, dans le passé, le moyen de me faire des ami(e)s, j’ai créé un groupe dans cet objectif. Ca a marché.
Ma passion grandissante et le choc de l’arrivée en terre promise m’ont poussée à faire grandir mon projet, à faire pousser l’arbre à laine qui avait commencé à germer.
Je me suis entourée de femmes entrepreneures, fortes, motivées, passionnées, prêtes à mener leur projet à bien et à bout.
Le tricot est, pour moi, le moyen de faire le lien entre mon héritage et mon avenir.
Passer mon temps avec ces femmes qui profitaient de l’opportunité d’une soirée tricot pour laisser leurs enfants à leur conjoint et venir bitcher me pousse à dire qu’on est loin du « je tricote parce que je suis une femme et que je n’ai rien de mieux à faire, pauvre de moi ! ». On ne tricote plus pour cette raison-là mais parce que c’est une activité gratifiante, enrichissante socialement, intellectuellement et émotionnellement. Tricoter est devenu pour moi, et pour de nombreuses femmes et hommes : un art de vivre.
Il me permet de me faire des amis, de laisser parler ma créativité, de gagner ma vie, de me détendre, de voir le futur, de vivre épanouie !
Le tricot est un fil conducteur dans ma vie qui est sorti d’une balle de laine dans mon enfance et qui, j’espère, me mènera loin.
Et vous ? Pourquoi tricotez-vous ?